Yang Sheng du désert.

Quand quelques jours d’éloignement s’imposent, qu’on a trop visité le quotidien et qu’il devient une terre 土 trop lourde sur nos épaules, on se met en route, on emprunte la voie végétale 木, l’intelligence qui mène vers le feu intérieur 火 et la joie, feu planétaire: on se retrouve alors plus facilement avec Soi, le Centre retrouvé par les vertus de la mise en mouvement.

Le désert comme miroir

C’est avec un grand soulagement qu’on goûte à la solitude, celle qui mène aux chemins les plus intimes de nos entraves émotionnelles, de nos souvenirs, de l’inaction stagnante des moments d’attente et de ressassement, des moments parfois lourds d’avoir trop donné.

Solitude

C’est avec plaisir que l’on goûte à cette présence puissante. On retrouve la vacuité bouddhiste, vide sans l’être vraiment, pleine de ce qui peut être. Paradoxe. Le Vide taoïste de Chongmai, Vide central, lieu d’oubli et de souplesse renouvelée, lieu intime des tissus et des intelligences discrètes qui forment la puissance véritable, fondée sur l’impuissance contemplée.

silence
immersion

Dans l’immobilité, j’apprends à ne pas vivre depuis l’extérieur. Les yeux mi clos, le son de la nature m’apparaît plus vrai, plus grand.
Dans l’eau fraîche de la Sierra – Oasis de clémence – je fais vibrer ma voix et les sons s’anchaînent. S’immerger, c’est être le témoin de l’eau passante, du rythme constant du changement.
Laisser le courant s’exprimer, c’est voir dans une vision périphérique le souffle éternel d’un fluide.
Lam, Yam, Vam, Ham, Ram … Chacune des cordes vibre et le corps entier résonne avec l’eau présente.
La grande fraîcheur naturelle nourrit.

Dans le mouvement, on retrouve le goût d’arpenter et de parcourir dans la vitesse: on se sent rencontrer l’air, vivre les variations du soleil et de l’ombre. L’immensité de l’horizon nous parle de l’absurde d’un point à atteindre. Il n’y a rien à atteindre au dehors. Les préoccupations, les ambitions, les désirs ont une portée temporelle. La sensation du mouvement, elle , peut s’éterniser, ni début ni fin.

Puissance de la Gestuelle, géométrie sacrée: dans l’immensité du désert, je suis un point de passage de grands courants. Je bouge mais je suis bougé, il faut bien se rendre à l’évidence. Tout comme l’épéiste disparaît pour permettre aux forces vives de le protéger, la gestuelle arrive comme la rencontre de la Survie, du Soin et du Sens.
Je pratique le Taijiquan à la Découverte du sens du Yang, le Baguazhang à la découverte du sens du Yin. Le Désert a une âme et l’enchaînement des formes réveille la conscience endormie du silence.

La Voie demeure comme une promesse de changement, même dans l’étendue de sable et de terre ocre. Magnifié par l’austérité, ce qui semble simple, devient subtile profondeur, réelle grandeur, hors de la cadence des excès.

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